L’effort de guerre
L'effort de guerre
Catastrophiques pour l'Europe et en particulier pour
L'effort de guerre, en 1914-18 comme en 1939-1945, s'était traduit en Afrique française par le renforcement du système du travail forcé, des réquisitions, des prestations et des prélèvements, par l'extension des cultures et contributions obligatoires, et par l'accentuation conséquente de la misère des populations autochtones pressurées à l'extrême.
Au plan militaire, et pour la première guerre, sur les 700.000 combattants et 240.000 auxiliaires employés dans les usines métropolitaines, fournis par l'empire colonial à
Jusqu'en 1914, sur instruction du gouverneur général William Ponty, le recrutement de soldats noirs en AOF étai limité à un contingent annuel de 10.000 hommes, aussi bien pour les besoins militaires de
Avec la loi de 1914 portant son nom et qui reconnaissait la pérennité de la citoyenneté française aux ressortissant des quatre communes et à leur descendances, le député Blaise Diagne, également nommé "Commissaire de
Le challenge de Diagne dans son rôle circonstanciel de gouverneur général de l'AOF chargé de diriger la circonscription était de lever 40.000 hommes en 1918. Les plus de 63.000 qu'il avait finalement réussi à faire mobiliser, et l'augmentation des recrues qui était régulière jusqu'en 1917 n'étaient pas dus à un engagement volontaire et intéressé des jeunes indigènes, mais plutôt à la mise en brande d'une machine administrative puissante répressive.
Le gouverneur général Joost Van Vollehonven confirmait les excès du recrutement en les dénonçant en 1917 dans un rapport adressé au ministre des colonies, avant d'aller lui même se faire tuer au front : "nous avons pratiqué, sous le nom de recrutement de tirailleurs, une chasse à l'homme plus terrible que ne le furent jamais le expéditions des faiseurs d'esclaves, car la nôtre s'est étendue à la fois sur tous les territoires de l'Afrique Occidentale et s'est traduite non seulement par l'arrachement des recrues à leurs familles, mais aussi par leur envoi au-delà des mers, dans un pays dont on ne revient pas ou dont on revient mutilé" . Les foyers de résistance ne manquèrent pas qui s'opposèrent, de diverses marnières, à ces exactions.
Sur les 211.259 jeunes gens recrutés en Afrique occidentale et équatoriales française sur la période 1914-1918, 24.762 furent officiellement recensés comme "morts pour
Ce furent là autant de bras longtemps ou définitivement rendus indisponibles pour
Ainsi, en plus des travailleurs fournis plus de force que de gré, il leur était exigé dans les mêmes conditions, d'accroître leurs production et exportations de produits de base pour
L'apport économique de l'AOF se fit presque exclusivement en direction de l'industrie métropolitaine. Les livraisons étaient constituées à 94% d'oléagineux (dont 3/4 d'arachides sénégalaises) et à 6% de céréales (mil, maïs, riz), de coton et de ricin, provenant pour l'essentiel du Haut Sénégal - Niger, de
Au total, les colonies avaient été d'un appréciable soutien humain et économique à la Métropole. L'effort de guerre avait révélé leurs potentialités, et fait comprendre qu'avec plus de rationalité et d'investissements conséquents, leur mise en valeur pouvait permettre à la France de se relever des décombres de la guerre et de relancer très rapidement son économie. Nombre de plans furent conçus dans ce sens (cf. chronique du 2 novembre 1999), mais les moyens ne suivirent que parcimonieusement. Toujours est-il que, dans l'entre-deux guerres, l'outillage d'exploitation coloniale se modernisa quelque peu, avec le renforcement du réseau routier et ferroviaire, l'amélioration des infrastructures portuaires, le développement conséquent des chantiers de travaux publics et de bâtiment, un certain frémissement industriel et un réel dynamisme commercial fondé sur l'exportation plus consistante de produits de base et l'importation non moins importante de produits manufacturés et énergétiques métropolitaines.
La seconde guerre mondiale stoppa net cet élan. Les colonies d'AOF et d'AEF dont l'évolution des activités et du mode de consommation - et la stratégie sous-jacente- avaient élargie la dépendance envers les produits importés de
Aux paysans on prenait tout ce qui pouvait être stratégiquement utile. Que ce soit sous le gouverneur général Boisson pour la satisfaction des exigences de Vichy et des Allemands, ou sous le Comité de la France Libre pour la machine de guerre allié, les méthodes furent les mêmes : spoliation, réquisition, cultures obligatoires, abus des souscriptions volontaires...

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