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Interrogations sur l'avenir de la Côte d'Ivoire

CÔTE D'IVOIRE

Tutelle internationale contre dérive fatale ?

 

 PAR AMADOU FALL

 

Nommé, le 4 décembre dernier, nouveau Premier ministre de la Côte d'Ivoire,  Charles Konan Banny, jusque-là gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, a finalement pu constituer son gouvernement, hier mercredi, après 23 jours de longues et difficiles négociations. Cette coalition où l'on retrouve, dans un relatif équilibre, tous les partis au centre de la crise ivoirienne, ainsi que des représentants de la société civile, est un gouvernement qui doit assurer la transition vers les élections prévues, dans au plus une année, et à l'issue desquelles la Côte d'Ivoire devrait se réconcilier avec elle-même. Y réussira-t-elle ?

 

La Côte d'Ivoire a, pendant très longtemps, été le champion économique et un modèle d'ouverture et de stabilité pour toute l'Afrique de l'Ouest. Mais, depuis la disparition, en décembre 1993, du président Félix Houphouët-Boigny, elle s'est montrée incapable de surmonter les démons de la division qui, sur le terreau fertile de la xénophobie et du régionalisme étriqué, ont profondément sapé sa cohésion nationale, sa stabilité politique et sa puissance économique.

La communauté africaine et plus largement internationale ne pouvait continuer à regarder la Côte d'Ivoire dériver chaque jour plus, d'un coup d'Etat à l'autre, d'une émeute sanglante à l'autre, sur la toile de fond d'une démocratie complètement à terre et d'un tissu social en lambeaux. Elle a pris le taureau par les cornes, après le constat amer de l'impossibilité d'organiser une élection présidentielle libre et démocratique à la date du 30 octobre 2005.

Si aujourd'hui le pays n'est pas tout à fait sous tutelle internationale, ça y ressemble. En effet, conformément aux décisions prise les 6 et 14 octobre 2005 par le Conseil de la Paix et de la Sécurité de l'Union africaine et « endossées » par le Conseil de sécurité des Nations Unis à travers la Résolution 1633 du 21 octobre 2005, un Groupe International de Travail (GIT) a été constitué pour encadrer la remise de la Côte d'Ivoire sur les rails. Le GIT est constitué par des représentants de l'UA, de l'ONU, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, de l'Organisation internationale de la Francophonie,  de la France, des Etats-Unis, du Royaume Uni, de l'Afrique du Sud et des pays frontaliers que sont le Bénin, le Ghana, la Guinée et le Niger.

Avec comme force d'appui les Casques bleus de l'ONUCI et les soldats français de l'opération Licorne, cette autorité de tutelle qui ne dit pas encore son nom a comme mission de surveiller au quotidien le processus de paix et la préparation  des élections présidentielle et législative prévues au plus tard le 31 octobre 2006, « d'évaluer et de vérifier le degré de coopération des acteurs et parties concernées ».  En cas d'obstruction, le GIT a le devoir de transmettre l'identité des coupables au Comité des sanctions qui siège aux Nations Unies,  à New York. Entre autres mesures, il peut décider le gel de leurs avoirs ou leur interdiction de voyage.

Le GIT est totalement indépendant de l'actuel président ivoirien dont le mandat arrivé à son terme le 30 octobre 2005 terme n'a été prorogé que faute d'un meilleur compromis, en attendant les élections de 2006. Il  a plutôt été assis pour épauler le Premier ministre « acceptable par toutes les parties » avec qui Laurent Gbagbo doit obligatoirement cohabiter  dans cette phase transitoire, sans pouvoir le démettre. Le GIT et ce Premier ministre consensuel sont désormais les dépositaires de la réalité du pouvoir et les garants de la paix en Côte d'Ivoire, dans le même temps, et comme tels ils doivent être les incontournables garde-fous qui empêcheront tout nouvel abus de la part l'actuel locataire du palais présidentiel d'Abidjan et de ses affidés, mais également tout dérapage de la part des camps adverses.

 

PLEINS POUVOIRS

AU PREMIER MINISTRE

 

C'est Charles Konan Banny, encore gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest jusqu'en mars 2006, qui a finalement été choisi, le 4 décembre 2005, entre une dizaine de candidats potentiels, comme Premier ministre devant assumer ces lourdes et prenantes responsabilités. Ce choix n'aurait rencontré aucune réticence de la part du président Laurent Gbagbo qui, se projetant déjà dans l'avenir, ne voyait pas en ce technocrate un futur adversaire sérieux à la présidentielle de 2006. En effet, «le Premier ministre ne sera pas éligible pour les élections de 2006», précise l'article 3 du communiqué des chefs d'Etat médiateurs. C'est également à cette seule condition que le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié aurait accepté cette nomination, après s'y être opposé dans un premier temps, car il considérait Charles Konan Banny comme un redoutable rival en perspective, même s'ils sont tous deux de du même groupe ethnique, de la même religion et de la même obédience politique. 

Selon le mandat défini par la médiation qui l'a nommé, conformément à la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, Konan Banny dispose de « tous les pouvoirs nécessaires » et de « toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la Sécurité, de la Défense et des Affaires électorales », pour mener à bien sa mission. Les priorités qui lui sont assignées sont, outre celle immédiate de la formation d'un gouvernement de transition, le désarmement et la réinsertion des forces rebelles et milices, la réunification du pays et l'organisation d'élections transparentes, crédibles et ouvertes à tous.

Fort du soutien du président en exercice de l'UA le Nigérian Olesegun Obasanjo, du président en exercice de la CEDEAO, le Nigérien Mamadou Tanja et du Médiateur principal dans la crise ivoirienne, le Sud Africain Thabo Mbeki à qui il a tour à tour rendu visite, après sa nomination, Charles Konan Banny  avait commencé à consulter, dès sa nomination en début décembre, tous les partis politiques au cœur de la crise ivoirienne en vue de la formation du gouvernement de transition.

Ses critères ont été très sélectifs. Tout d'abord, il ne voulait pas ses laisser enfermer dans la logique qui prévalu lorsqu'il s'est agi, en application de l'Accord de Linas-Marcoussis du 24 janvier 2003, de former un gouvernement en confiant chaque portefeuille à une personne expressément désignée par sa formation politique. Il s'est réservé le droit restreindre  la taille du gouvernement et de le former lui-même, à en ventiler les postes en se fondant sur les listes des ministrables qui lui ont été communiquées par les formations politiques consultées et d'où il a choisi ceux qui, de son point de vue, sont les plus aptes à l'aider dans ses missions. Ensuite, sans écarter les leaders de parti, il avait dressé de tout futur ministre le profil  d'un homme ou d'une femme pas trop marqué politiquement, qui doit s'imposer une obligation de réserve et s'abstenir de déclarations partisanes  pouvant mettre le gouvernement en difficulté, comme cela était trop souvent le cas sous le précédent Premier ministre, Seydou Diarra. 

 

UNE TRANSITION

 QUI DEBUTE MAL

 

Mais Konan Banny a beaucoup peiné pour  former son gouvernement. Et pour cause. Les partis et organisations signataires de l'Accord de Linas Marcoussis avaient tout d'abord refusé de céder sur la réduction du nombre des portefeuilles ministériels dont ils disposaient depuis 2003, avant de revenir à de meilleurs sentiments. Finalement, toutes les formations politiques avaient, à la date du 15 décembre, déposé leurs listes de ministrables. A l'exception notable du Front Populaire Ivoirien (FPI).

Le parti de Laurent Gbagbo réclamait la moitié des portefeuilles ministériels en compétition, à plus de postes que le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, l'ex-parti unique) de l'ancien président Henri Konan Bédié, le Rassemblement des Républicains (RDR, opposition libérale) de l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara  et le Mouvement des  Patriotes de Côte d'Ivoire (MPCI) de Guillaume Soro. Non seulement le FPI demandait plus de portefeuilles que les autres, et surtout les ministères de souveraineté que sont la Défense, la Sécurité, l'Economie et les Finances, mais encore Laurent Gbagbo continuait de croire qu'en tant que président de la République, il était la seule personne habilitée  à nommer aux emplois civils et militaires, en vertu de son pouvoir discrétionnaire. Dans sa logique, Banny devait lui laisser la prérogative de choisir les ministres, une fois qu'il eût recueilli et déposé, à son niveau, les différentes propositions formulées par les partis consultés.

Gagbo a finalement lâché du lest en déposant la liste des ministrables du FPI, comme tout le monde. Mais il n'en avait pas moins continué à faire de la surenchère relativement au nombre de postes qui devront être dévolus à son parti qui refuse d'être en position minoritaire dans le nouveau gouvernement par rapport au reste de l'opposition. Il  s'est, jusqu'à la dernière énergie, accroché au portefeuille des Finances, « pour ne pas voir dévoiler sa mauvaise gouvernance » qui « révèlerait au grand jour les affaires sales » dont lui et son camp seraient coupables, selon ses contempteurs.  

Charles Konan Banny a finalement pu constituer son gouvernement, le mercredi 28 décembre 2005. L'on y retrouve, dans un relatif équilibre, tous les partis au centre de la crise ivoirienne, ainsi que des représentants de la société civile. C'est un cabinet de 32 membres, contre plus de 40 dans le précédent.  Le Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo y compte le plus grand nombre de portefeuilles avec 7 ministères. Les deux principaux partis de l'opposition, le Rassemblement des Républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de Henri Konan Bédié ont respectivement 5 postes. Les Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro en ont 6. Quatre membres de la Société civile ont aussi été nommés ministres.

A noter que le Premier ministre détient également le poste des  Finances qui a été l'objet d'âpres tiraillements avec Gbagbo.  Guillaume Soro, le patron de la rébellion du Nord, devient ministre d'Etat, chargé de la reconstruction. La Défense est revenue à un magistrat, membre de la Société civile, en la personne de René Aphing Kouassi. La Sécurité, également considérée comme « très sensible »  est détenue par Martin Bléou qui préside une association de défense des Droits de l'Homme. Ce sont donc ces hommes et d'autre qui,  autour de Konan Banny, forment le « gouvernement de mission » qui doit assurer la transition vers les élections prévues, dans au plus une année, et à l'issue desquelles la Côte d'Ivoire devrait se réconcilier avec elle-même.

Les premiers obstacles que Laurent Gbagbo a commencé à dresser sur le chemin du nouveau Premier ministre ivoirien sont la preuve qu'il n'entend point lui laisser les coudées franches. Leur cohabitation a tout l'air de prendre très rapidement les contours d'une confrontation permanente. Dans ce contexte de tensions qui s'annoncent inéluctables, malgré l'épée de Damoclès des sanctions internationales qui planent sur les probables incartades et abus de pouvoir de Laurent Gbagbo, Konan Banny va-t-il pouvoir mener à bien sa difficile et délicate mission : démêler les fils de la discorde en Côte d'Ivoire ? Charles Konan Banny pourra-t-il réussir là où Seydou Diarra, l'ancien Premier ministre, a échoué ?  Ce dernier n'a pu faire réaliser à la Côte d'Ivoire en crise des avancées politiques significatives, pour la simple raison que la légitimité qu'il tenait de l'Accord de Linas-Marcoussis est loin  d'avoir fait le poids face à celle que Gbagbo a acquis du verdict des urnes. De son point de vue, elle lui conférait toute la latitude d'exercer pleinement ses pouvoirs, et  de s'opposer à toute décision ou action allant à l'encontre des intérêts de son camp. Gbagbo n'a plus, depuis l'expiration de son mandat présidentiel, la même légitimité politique. Mais il s'abrite derrière la constitution qui n'a pas encore été suspendue pour tenter de restreindre les pouvoirs de Charles Konan Banny et persister dans le maintien de toutes ses prérogatives de chef d'Etat. C'est la posture qu'il a d'emblée adoptée face à la formation du nouveau gouvernement. Il a également fait recours au fameux article 48 de la Loi fondamentale ivoirienne pour proroger le mandat des députés de l'Assemblée nationale, également arrivé à expiration.    

Mais les vrais pouvoirs sont maintenant, conformément à l'article 8 de la résolution 1633, entre les mains  du  Premier ministre, aux fins de  «garantir la sécurité et le redéploiement de l'administration et de ses services publics sur l'ensemble du territoire ivoirien, de conduire le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration et les opérations de désarmement et de démantèlement des milices et d'assurer l'équité de l'opération d'identification et d'inscription des électeurs». Ces tâches figuraient déjà dans les missions assignées à son prédécesseur. Elles sont reprises aujourd'hui sous la double bannière de l'Union Africaine et des Nations Unies.

 

DEUX ETATS,

DEUX NATIONS ?

 

Malgré tout cela, Charles Konan Banny n'a, en réalité, pas la moindre chance de réussir, en l'espace d'une année  ce que Seydou Diarra n'a pu obtenir en deux années.  Son gouvernement ne peut pas réaliser, en ce laps de temps, le miracle  d'amener  les insurgés du Nord qui occupent 60% du territoire ivoirien à se désarmer et s'offrir en proie facile à un Gbagbo qui n'attend que cela, pour reconquérir militairement cette partie du pays. 

Trois ans après l'insurrection du 19 septembre 2002 qui a marqué le début de la partition de la Côte d'Ivoire, le Nord s'organise progressivement, sous la férule des Forces nouvelles.  La culture du coton et du cacao, les industries de transformation sont relancées avec le retour massif et la remise au travail des planteurs, des petits paysans, des cadres et des employés. Le commerce est bien approvisionné. Les échanges avec les pays voisins s'intensifient. La justice, la santé, l'éducation sont peu à peu remises sur les rails, grâce notamment à des bénévoles et organisations humanitaires internationales. La vie est relativement revenue à la  normale et serait presque aussi belle qu'avant la crise. Au total, un nouvel État y est en gestation. 

L'avenir de la Côte d'Ivoire se dessine en plusieurs scenarii dont le pire serait la persistance de sa dérive actuelle qui, de cette partition de fait, la conduirait à la constitution effective de deux Etats séparés recoupant deux nations distinctes.

Il faut savoir que l'unité ivoirienne entre  le groupe  Mandé  du Nord (Malinké, Bambara, Dioula, Foula, etc.) majoritairement musulman et les groupes Akan (Baoulé, Agni, Abron, Ebrié, Abouré, Adioukou etc.) et Bété (l'ethnie de Laurent Gbagbo)  du Sud à dominante chrétienne et animiste,  ne s'est à l'origine réalisé  que par la force militaire et le diktat administratif de la puissance coloniale française. Elle s'est maintenue, de l'indépendance jusqu'à la disparition du président Félix Houphouët-Boigny grâce au jeu d'équilibre que  ce dernier a entretenu entre les différentes composantes régionales ethniques et sociopolitiques, en faisant pleinement valoir son ascendant sur les Ivoiriens, son charisme, mais également et surtout en distribuant des prébendes à ceux qui étaient dans l'ordre établi et en réprimant toute velléité d'en sortir ou de le perturber.

C'est avec la disparition du « Vieux », comme on appelait révérencieusement Félix Houphouët-Boigny, et l'aggravation de la récession qui depuis le début des années quatre-vingt rétrécit les richesses ivoiriennes, que les vieux démons de la division et de la xénophobie se sont réveillés. Ils ont été avivés à l'extrême par les antagonismes déchirants entre les prétendants politiques à la succession du père de l'indépendance nationale. Il s'agit de Henry Konan Bédié du PDCI qui le concepteur de la théorie exclusionniste de « I'Ivoirité », de Laurent Gbagbo du FPI, d'Alassane Ouattara  du RDR et plus récemment de Guillaume Soro des Forces Nouvelles, pour ne citer que ceux qui cristallisent encore la profonde crise ivoirienne et toutes les divisions entre le Nord et le Sud.

 

POUR LA PAIX,

L'UNION ET LA STABILITE

 

L'on en arrive à penser - comme autre scénario plausible - que pour le retour de la paix et de l'unité en Côte d'Ivoire il faudra nécessairement que tous ces protagonistes qui ont mal fait leur temps se retirent définitivement de l'échiquier politique, pour céder la place à des hommes et des femmes bien moins marqués et plus aptes à conduire ce pays vers la réconciliation, la réunification et la reconstruction nationales. L'idéal est qu'ils acceptent de gré cette renonciation, avec la claire conscience, qu'entre eux, ce sera le chaos permanent, quelle que soit leur volonté individuelle et politique de faire revivre la Côte d'Ivoire. C'est un dessein qui ne peut se concrétiser sans un consensus optimal autour de l'essentiel, de l'intérêt supérieur de leur Nation.

Dans tous les cas de figure la sortie de crise de la Côte d'Ivoire, dans l'état où elle est, ne pourra se faire sans sa mise sous tutelle internationale. Il faudra impérativement franchir le Rubicon, aller plus loin que la simple mise en place de ce Groupe International de Travail dont il faut certes saluer l'institution, mais qui a très peu de chance de faire évoluer la situation ivoirienne tant qu'il se cantonnera à veiller sur le statu quo. La Communauté internationale doit prendre sur lui de désarmer et de cantonner tout le monde, aussi bien les Forces nouvelles que l'armée régulière et  d'assurer la réunification de la Côte d'Ivoire en y veillant avec ses propres forces sur toute l'étendue du territoire. Dans le même temps elle mettrait en place une tutelle administrative qui superviserait la gestion du pays et s'attacherait à organiser le plus rapidement possible un scrutin libre et démocratique pour l'élection de la représentation nationale et du président de la République, le retour définitif de l'ordre républicain et la remise du pays sur les rails du développement.

La Côte d'Ivoire est encore debout, mais sur deux jambes bancales. Elle qui représentait 40% du PID de l'UEMOA ou encore 20 % de l'ensemble des économies de l'Afrique de l'Ouest, le géant nigérian inclus, participe plus que pour moins de 10 %, avec un taux de croissance aujourd'hui négatif.  Depuis l'éclatement de la crise en  décembre 1999,  ses pertes cumulées, en termes de valeur ajoutée sont évaluées à quelque 4.000 milliards de F CFA. Trop c'est trop.

Les pays de la sous-région qui sont loin de tirer profit de cette situation la déplorent d'autant plus que la Côte d'Ivoire était la locomotive à la quelle ils étaient tous accrochés. La machine étant grippée, c'est tout le train qui peine à avancer. Qui plus est les déchirements politiques et les heurts ethnico-religieux qui  secouent la Côte d'Ivoire, devenue le maillon faible de l'Afrique de l'Ouest, ont de fâcheuses répercussions sur les pays les plus proches et menacent de déstabiliser tout l'espace régional.

C'est ainsi qu'il faut comprendre l'engagement d'un pays comme le Sénégal à œuvrer sur tous les tableaux pour que la paix, l'union et la stabilité reviennent en Côte d'Ivoire, comme en témoigne  l'acceptation de la signature du cessez-le-feu que son chef de la Diplomatie a obtenue des rebelles du Nord, à Bouaké même, en octobre 2002. Les interventions sénégalaises ont été, par la suite, plus discrètes pour ne pas heurter des sensibilités et des ego à fleur de peau. Elles ne continuent pas moins à se développer à travers les arcanes de la diplomatie et des relations internationales. L'important est que la paix revienne, et vite, en Côte d'Ivoire, au bénéfice de tous les Ivoiriens et de tous les autres peuples avec qui ils ont en partage le même dessein régional, dans le tourbillon de la mondialisation.   



Article ajouté le 2006-08-04 , consulté 73 fois

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