La mauvaise fortune de la Palestine
La mauvaise fortune de PAR AMADOU FALL
Yasser
Arafat mort, on épiloguera longtemps encore sur sa fortune qui serait
colossale. Elle est estimée à près de deux milliards de dollars. Les
ennemis de
Jusque
sur son lit de mort, bien loin de son dernier lieu de retranchement où
il reviendra pour l'éternité, Arafat s'est, quarante années d'épreuves
et de sacrifices durant, donné, corps et âme, au seul combat qui pour
lui en valait la peine, celui de faire recouvrer à son peuple sa
liberté et sa dignité sur son sol historique. Il n'est pas possible de
réduire la vie de cet homme, aujourd'hui disparu, à une œuvre
d'enrichissement personnel à l'abreuvoir du sang des justes et des
martyrs. Arafat était et restera un symbole qui n'était riche que de sa
conscience, de ses convictions, de ses idéaux, de son charisme, et de
la force qu'il avait à s'en servir pour que
L'argent
est bien évidemment le nerf de ce long combat. Les fonds relativement
substantiels qu'à des desseins contraires à toute éthiqu, l'on prête à
Yasser Arafat, sont en réalité de ce ressort. Ils proviennent,
principalement, des donations des pays arabes et de l'Union européenne.
Comme nul ne l'ignore, l'Autorité palestinienne vit principalement de
subsides extérieurs, parce qu'étant dans l'impossibilité de réunir les
moyens endogènes de la libération de son peuple, sous la chape de plomb
et de béton israélienne. Et c'est bien là la mauvaise fortune de
Le rapport de
Le
coût total des dommages matériels accumulés (logements, usines,
infrastructures, terres) depuis octobre 2000 est prudemment estimé à
2,2 milliards de dollars, soit près de 19 % de la valeur estimative du
stock de capital palestinien en Cisjordanie et à Gaza. L'équivalent de
la fortune que Yasser Arafat aurait placé dans les comptes bancaires
suisses dont il serait parti, dans l'au-delà, avec les codes
d'accès !
Le
risque, après la disparition du Raïs, est de voir l'autorité politique
palestinienne s'affaiblir parce que sapée de l'extérieur, et d'assister
inversement à la radicalisation de la stratégie de destruction de
l'économie palestinienne entamée dès l'occupation des territoires en
1967.
Les
armes qui se renforceront sont les mêmes : confiscation des terres
et le détournement de l'eau au profit des colons juifs ;
tracasseries et blocages administratifs pour restreindre tout
investissement susceptible de faire concurrence aux producteurs
artisanaux et industriels israéliens ; obstruction des débouchés
extérieurs notamment sur le marché israélien surprotégé … Il y a fort à
craindre que le gouvernement Sharon, derrière le mur de la honte et
malgré le retrait amorcé de Gaza, en use davantage pour achever
de détruire le développement agricole et industriel palestinien et
permettre aux producteurs israéliens d'écouler leurs produits tout en
tirant parti d'une main d'œuvre condamnée à être flexible et bon
marché, pour survivre. D'autres colonisés ont été nombreux à vivre
pareille iniquité, mais ils s'en sont sortis, politiquement à tout le
moins, pour ensuite entamer un autre long combat pour le développement.
Mais celle-ci devra, dans les années qui viennent, s'inscrire, avec

Commentaires