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Georges Bush : Un second mandat sous hypothèque

Georges Bush : Un second mandat sous hypothèque

 

PAR AMADOU FALL

 

                                                                                                     Novembre 2004

 

En signant, mardi, un second bail de quatre ans avec Georges William Bush, les Américains ont fait savoir qu'il lui faisait encore largement confiance,  plus parce qu'il le considère comme le meilleur garant de leur sécurité et des valeurs morales auxquelles le plus grand nombre reste attaché, et moins pour ses interventions guerrières à l'extérieur, en Irak notamment,  ou pour sa politique économique. De fait  les considérations sécuritaires et morales, et celles économiques et sociales, sans être franchement dissociables, ont très fortement pesé, de part et d'autre, sur la balance des choix fait par les Américains. Jusqu'à aboutir à un vote qui coupe l'Amérique en deux.

C'est, en définitive, l'Amérique profonde encline à se replier sur elle-même et sur ses valeurs qui a fait triompher Georges W.  Bush. En cela elle est en contradiction avec cette autre Amérique qui, en plus de relations plus équilibrées et moins antagonistes avec le reste du monde, voudrait que le gouvernement de la nation la plus puissante au monde accorde plus de liberté de choix de vie à ses citoyens, et un meilleur partage de ses richesses.

Le président Bush ne s'y est lui-même pas trompé qui, dès la reconnaissance par Kerry de sa défaite, s'est empressé de faire un appel à l'union sacrée. A tous ceux qui ont été nombreux à voter pour le candidat malheureux du camp démocrate, il a lancé : « j'ai besoin de votre soutien et je vais travailler pour l'obtenir ». Mais en quoi faisant ?

L'équation majeure à laquelle il devra, à l'interne, chercher des solutions durables est à plusieurs variables. Les plus prégnants se trouvent dans l'impératif de réduire les déficits budgétaires et commerciaux, de relancer l'économie et de ramener le chômage au seuil du tolérable américain.

Tout au long de sa campagne électorale, Georges Bush avait bien promis qu'une fois réélu, il s'attacherait à réduire de moitié l'abyssal déficit public américain, sur les quatre années à venir. Mais pour arriver  ses fins, il devra alors à arrêter ou limiter les baisses d'impôts qu'il consent au grand capital, industriels et familles nanties, et également réduire ses faramineuses dépenses militaires commandées en particulier par la situation en Irak, en Afghanistan et par sa croisade contre le terrorisme islamiste. Il s'y est jusque-là refusé, et l'on voit mal ce qui pourrait lui faire changer de stratégie, au cours de ce second et dernier mandat.

Il faut reconnaître que ce sont les baisses d'impôt et des taux d'intérêts au profit des activités productives et marchandes  qui  ont stimulé  et fait repartir l'économie américaine. Les dépenses militaires ont également joué un certain rôle dans cette relance, avec le redéploiement de l'industrie de guerre, et des créations d'emplois conséquentes dans ce secteur.

Bush reste en réalité convaincu que les déficits publics ne pénalisent pas l'économie, et que les réductions fiscales tout comme les investissements militaires, aident au renforcement des activités et de la croissance. Et qu'il en découlera, au final, encore plus d'argent pour l'Etat. De la même manière, il estime qu'il n'y a véritablement de problème de chômage aux Etats-Unis car la croissance ainsi obtenue et renforcée se traduit automatiquement par des embauches en plus grand nombre.

Mais cette politique d'inspiration keynésienne que Bush va vraisemblablement  continuer de mettre en pratique a déjà atteint ses limites. L'économie américaine a, de nouveau commencé à s'essouffler depuis six mois. La croissance se résorbe  d'autant que la flambée des cours pétroliers qui se situent bien au-dessus de la barre de 50 dollars le baril a considérablement grevé le pouvoir d'achat des ménages américains, et rendu les entreprises encore plus prudentes à l'investissement et à l'embauche.

Mais Bush s'entêtera, suivant sa logique économique néo-libérale continuer à faire baisser les impôts sur les entreprises et au bénéfice principal des revenus les plus élevés. Il l'a dit. Il y a également de fortes chances que les dépenses militaires américaines restent sur leur tendance haussière, s'il ne se trouve pas une porte de rapide sortie du bourbier irakien.

Or il retrouve aujourd'hui avec une marge de manœuvre trop réduite pour se permettre de continuer à guerroyer à l'extérieur, soutenir à bras le corps l'économie américaine, ou lancer des initiatives  en matière de création d'emplois et de santé.  

Déjà que l'économie américaine vit au-dessus de ses moyens, consomme plus qu'elle ne produit, comme le montre un déficit commercial lui aussi record. Et faute de toute l'épargne intérieure requise, elle va devoir faire encore plus appel aux investisseurs étrangers pour se financer. Sans difficulté d'ailleurs puisque les Américains ont toujours la faveur d'être la première puissance économique du monde, et d'avoir une monnaie qui demeure la référence mondiale. On prête plus facilement aux riches qu'au pauvre…

Sa marge de manœuvre budgétaire étant quasiment épuisée, sous hypothèque, Bush va user de cette autre arme qui lui reste : l'ajustement monétaire.  Il faudra s'attendre à ce que  le dollar  se déprécie encore plus sur le marché des changes,  durant  ce second  mandat. Il a précédemment beaucoup perdu de sa valeur.  En en perdant encore, il devrait permettre à l'Amérique de Bush de rendre ses entreprises plus compétitives, de réduire conséquemment son déficit commercial et de protéger les emplois,à défaut d'en créer des masses. Le reste du monde développé laissera-t-il faire, sans réagir ?

 

 



Article ajouté le 2006-09-19 , consulté 113 fois

Commentaires


Adesva le 11/09/2007 à 01:41:03
Hi
How are you?
naisioxerloro le 29/11/2007 à 10:48:55
Hi.
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