Echos des tropiques

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L'EQUATION DES ORDURES EN AFRIQUE

De l'argent dans les ordures

 

PAR AMADOU FALL

 

SEPTEMBRE 2005

« Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette loi universelle qui porte le nom d'Antoine Laurent de Lavoisier, entré dans la légende comme le père de la chimie moderne, sera éternelle. Depuis que le monde est monde, après le fameux « big bang », elle préside à toutes les mutations qui se sont opérées pour que la terre, la nature et les êtres soient et se transforment en eux-mêmes, et par interactions.

Il a fallu de longs, de très longs millénaires pour que, par le jeu de plusieurs facteurs et mécanismes, éléments minéraux, organismes végétaux et animaux se déstructurent,  interfèrent, se recomposent autrement, ou se fossilisent pour donner, notamment, ces ressources minières et énergétiques qui ont permis à l'Homme de hâter son entrée dans l'ère industrielle et la modernité.

Pour en arriver à son stade vie actuel, de production et de consommation, l'homme a plus déconstruit son environnement  qu'il n'aura contribué à sa revitalisation, à la préservation de sa dynamique naturelle de transformation positive. Les moteurs sont passés par là. Ils polluent et asphyxient les vivants et, par l'effet de serre, contribuent au dérèglement climatique mondial à l'origine de plus en plus d'inondations autres catastrophes naturelles. 

La consommation humaine se fait également sur le mode destructeur. Si  l'acte de consommer qui suit celle de produire est dans l'ordre logique de la loi de Lavoisier, la phase tertiaire de transformation qui devrait suivre tend à faire défaut. Dans les pays industrialisés la gestion des  déchets ordures issus de la consommation des entreprises et des ménages tend certes à trouver des solutions techniques relativement appropriées. Mais dans les parties les plus pauvres de la planète l'approche est, très souvent, loin d'être la plus idoine. 

L'équation première y est la collecte des  déchets et ordures. Elle est facteurs des moyens insuffisants et inadéquatement utilisés, du laxisme et du laisser aller dans la gestion du système, mais également et surtout du mauvais comportement des entreprises et des ménages. Il n'est dès lors pas étonnant que, à la moindre faille ou intempérie sortant de l'ordinaire,  une grande ville est rapidement défigurée par une kyrielle de dépotoirs sauvages, les uns aussi nauséabonds et pestilentiels que les autres. Même dans les zones résidentiels les plus huppées. C'est à de véritables bombes bactériologiques que ces manquements et ratages   exposent quotidiennement les citadins.

La collecte régulière et efficace des ordures est indispensable, mais pas suffisante. Que ce soit dans les décharges actuelles ou dans d'autres à ouvrir ailleurs, le mal restera entier. Des populations seront toujours exposées à de sérieux et grave risques, et pour leur santé propre, et pour leur environnement vital.

Et pourtant il y a plein ressources dans ces ordures, autrement traités. Il ne s'agit pas bien entendu de l'énergie fossile que leur lente transformation finira par produire… dans les millénaires et les millénaires à venir. Mais des possibilités de valorisation immédiate que leur recyclage permettrait.

Les déchets organiques sont transformables, en biogaz principalement, comme cela se fait dans un pays comme l'Inde. Les déchets plastiques peuvent avoir une seconde vie, sous d'autres formes. Chaque tonne de plastique recyclé permet d'économiser 700 kg de pétrole brut.  Chaque tonne de carton recyclé fait économiser 2,5 tonnes de bois.

L'acier recyclé permet d'économiser sur les importations de fer.  Le recyclage de 1 kg d'aluminium permet économiser environ 8 kg de bauxite, 4 kg de produits chimiques et 14 kilowatts/heure d'électricité. Le recyclage de l'aluminium, par exemple, permet d'économiser près de 90 % de l'énergie qui aurait été nécessaire pour produire une masse équivalente à partir de minerai.

Ainsi, diverses unités industrielles pourraient être créées dans cette phase charnière du processus de toute transformation qu'est le recyclage. Les bénéfices économiques et environnementaux du recyclage sont considérables. Il permet de protéger les ressources, de limiter les importations lourdes et de réduire les déchets.  Avec à la clé beaucoup plus d'emplois que la simple collecte des ordures n'autorise.

 



Article ajouté le 2006-09-20 , consulté 53 fois

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