Des grappes de convergence de… Pme ?
Des grappes de convergence de… Pme ?
PAR AMADOU FALL
OCTOBRE 2005
Les petites et moyennes entreprises, toutes catégories confondues, participent pour au moins 20% à la formation de la valeur ajoutée nationale. Mais elles pourraient y contribuer beaucoup plus encore si elles n'étaient pas en butte à de sérieux d'obstacles. Leur difficulté à accéder aux sources de financement n'en est pas des moindres.
L'élan de nombreux promoteurs ou dirigeants de PME s'est brisé sur le verrou d'un crédit bancaire âprement sollicité mais jamais dénoué, parce qu'ils n'ont pu satisfaire aux conditions d'accès posées. Les banques sont particulièrement regardantes et exigeantes envers les PME qu'elles situent au niveau de risque le plus élevé, même si elles évoluent dans le secteur formel. Les garanties demandées et les taux d'intérêt appliqués par les banques sont alors rarement à la portée du commun des PME.
Beaucoup d'entre-elles, en fait les plus petites, ont tout de même pu sortir de l'ornière, en faisant recours à ces organismes de micro-crédit qui connaissement, depuis quelques années, un franc développement dans le pays. Mais bien qu'adaptés aux besoins locaux, ces intermédiaires financiers non bancaires sont fragiles et de taille modeste. Ils ont vite fait d'atteindre leurs limites, car ils n'ont guère toute l'envergure requise pour accompagner les entrepreneurs dans leur expansion. Leurs capacités financières ne leur permettent pas d'être au tempo des petites entreprises quand elles grandissent, atteignent un stade plus élevé de croissance et de développement.
Globalement, c'est tout le système financier local qui est sous-développé. Les banques, comme les mutuelles d'épargne et de crédits et autres institutions financières décentralisées disposent, pour l'essentiel, de dépôts à court terme. Il leur est impossible, sinon périlleux, de les transformer en ces financements à moyen et long termes dont les entreprises ont véritablement besoin. Le système a peu d'outils de financement adaptés, à
Mais les ressources longues existent bien. Elles se trouvent dans les centaines de milliards de francs CFA que les travailleurs émigrés capitalisent chaque année. Elles sont dans l'assurance vie, dans l'épargne logement, dans l'épargne retraite. Et dans un certain nombre de lignes de crédits ouvertes sur financements extérieurs concessionnels. Il importe de réorganiser le système aux fins de canaliser à meilleur escient une bonne partie de cette masse d'argent, vers l'entreprise, et beaucoup moins vers des investissements improductifs.
La formule des crédits aux groupements féminins sur la base de cautions solidaires en pratique dans la micro-finance devrait également porter de bons fruits, si elle était adaptée au financement de l'entreprise, à l'image des « grappes de PME » qui abondent en Asie. Dans les pays où elles existent, les PME opérant dans un même secteur se mettent en réseau pour s'apporter une garantie collective et mutuelle, afin de solliciter et d'obtenir les crédits bancaires dont elles ont besoin pour leur développement ou la réalisation de marchés ponctuels. Ces regroupements de taille, fondés sur la caution solidaire et l'intérêt pour chaque membre de sauvegarder sa réputation en respectant scrupuleusement les règles de l'association et ses engagements extérieurs, sont de solides gages de confiance pour les banquiers, et d'accès optimal à leurs crédits. A des taux d'intérêt les plus avantageux possibles. Ces grappes peuvent même avoir à leur actif la création d'établissements financiers propres aux PME qui les ont constituées.
Ces « grappes de convergence » fort utiles ne peuvent-elles pas être acclimatées, en Afrique et plus particulièrement au Sénégal ? Un projet de cette nature avait été décliné, une vingtaine d'années plus tôt pour les PME, sous l'angle d'un « Mutuelle d'assistance et de garantie des entreprises ». Mais il n'a pu aboutir. Il était, sans doute, en avance sur son temps…

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