L’innovation, nerf de la compétitivité
L’innovation, nerf de la compétitivité
PAR AMADOU FALL
La qualité peut paraître onéreuse, en terme d’investissement. Mais elle n’a assurément pas de prix, si l’on en juge par ses rapports. La compétitivité et l’image de marque qu’elle confère à l’entreprise qui l’imprime à sa production et à ses services sont, en effet, d’incommensurables multiplicateurs de gains. Le coût de la qualité, c’est bien évidemment l’innovation permanente et de l’adaptation à des normes internationales toujours plus pointues et exigeantes. Les investissements, pour ce faire, sont nécessairement importants. En réalité, ils ne sont pas pesants outre mesure, comparés aux profits qu’ils permettent et perspectives qu’ils ouvrent.
La technologie est le nerf du développement économique. Les innovations qui se réalisent dans ce domaine, dans une fulgurance incroyable, sont telles que l’avantage comparatif qu’une main d’œuvre peu coûteuse constituait, pour les pays en développement, est en passe de disparaître en Asie du Sud Est et dans certains pays d’Amérique latine.
En Afrique subsaharienne où d’immenses efforts sont à accomplir pour rattraper, à tout le moins réduire, le retard sur les pays développés, les raccourcis qu’offrent les technologies modernes ne sont pas les viatiques les plus courus, nonobstant les politiques et les professions de foi énoncés, un peu comme des vœux pieux. Dans les faits, l’état peu fiable des réseaux de distribution d'électricité et de télécommunications, les difficultés à s’approvisionner en pièces détachées, les déficiences des services d'entretien et de réparation limitent le transfert l’adaptation et l’utilisation efficiente des technologies et équipements de pointe. S’y ajoutent ces autres facteurs limitant qui ont pour nom ressources financières restreintes, gestion déficiente de l'information, personnel dépourvu des qualifications requises, marché insuffisant, etc.
Dans tous les cas de figure, avec l’ouverture tous azimuts des marchés, dans ce contexte de globalisation accentuée, les industries en développement, restées pour la plupart de première génération sont, tout naturellement, handicapées par leur incapacité à s’adapter aux nouvelles technologies et aux nouvelles méthodes de gestion. C’est ce qui les différencie fondamentalement de leurs concurrents asiatiques et des autres pays émergents. Ces derniers ont très tôt compris qu’une qualité médiocre et le défaut de conformité aux normes internationales sont des obstacles majeures à la croissance et au rayonnement interne et extérieur du secteur industriel.
L’innovation est une condition essentielle à l’amélioration de la compétitivité d’une entreprise, sous quelque latitude qu’elle puisse être. Pour survivre dans un environnement national et international chaque jour plus concurrentiel, les industries doivent impérativement renforcer leurs capacités de prestations en termes de temps, de productivité, et de qualité. En effet, la mondialisation et la libéralisation du commerce internationale exigent des industries dont les cocons protecteurs ont tous volé aux éclats, dans la plupart des pays en développement, d’être à même de faire face à la concurrence sur tous les fronts commerciaux. Elles ont ainsi donc la sérieuse obligation de se restructurer et de se moderniser pour améliorer leurs performance et compétitivité.
Et dans cette affaire, le dilatoire est un jeu de dupe dont on ne sort jamais gagnant. Un système de production et de gestion bien au point et aux normes et des capacités d’innovation sont la base de toute stratégie concurrentielle. L’'innovation est un facteur indispensable pour la compétitivité et la croissance. Cependant, elle n'est pas une finalité. Elle n'a d'utilité réelle que lorsqu'elle est transformée en valeur ajoutée.
Il est grand temps d’organiser une réelle synergie entre les centres de recherche qui devraient être les fers de lance du combat pour l’innovation technologique, les industriels qui sont les utilisateurs des résultats de leurs recherches, et également les Etats qui, dans leur mission catalytique, se doit d’accorder encore plus de soutien à la recherche-développement et à l’innovation technologique.

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