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PELERINAGE A LA MECQUE

PELERINAGE A LA MECQUE 2001

«Me voici Seigneur, me voici…»

PAR AMADOU FALL

MEDINE, SAMEDI 24 FEVRIER — «Labbayka Allahuma Labbayka…» Cet après-midi, quand les pèlerins du premier contingent sénégalais à quitter Médine pour La Mecque auront revêtu leur ihram, un pagne blanc remonté d'une houppelande de la même couleur immaculée, et se seront mis en état de sacralisation après une ultime prière rituelle à Bir Ali, à la sortie de la ville, ils commenceront alors à être en plein dans le Hadj.

En route pour le centre et le cœur de l'Islam, ils diront la Talbyah en la psalmodiant, comme ceux qui les ont précédés et ceux qui viendront encore et encore, après eux. C'est une profession de foi et un serment de soumission à Dieu qui doit venir des profondeurs de l'âme : "Me voici Seigneur, me voici ! Tu n'as point d'associé ! Me Voici. La louange et le bienfait T'appartiennent ainsi que la royauté. Tu n'as pas d'associé !" Ils la répéteront à satiété, jusqu'au moment de la célébration de la prière d'Arafat.

Beaucoup parmi les pèlerins sénégalais devaient être dans les conditions optimales d'accomplir convenablement leur engagement, pour avoir retenu l'essentiel des enseignements sur les rituels, exigences et interdits à observer, lesquels sont dispensés au fil des soirées par l'équipe d'éducation religieuse supervisée par El Hadji Makhtar Seck. Et dans les principales langues du Sénégal. La série avait été couronnée, jeudi dernier, par la traditionnelle grande conférence du Commissaire général Rawane Mbaye, pour une bonne part centrée sur les fondements, le sens et la philosophie spirituelle du Hadj.

C'est donc conditionnés et chargés à bloc que les premiers pèlerins à quitter Médine, ceux qui étaient arrivés en Arabie Saoudite par les premier et deuxième vols spéciaux, seront ce soir à La Mecque. Suivront ceux des autres vols, selon leur ordre de débarquement, et ce jusqu'au mercredi 28 février.

Les "Taiba Residential Suites" se videront alors de leurs locataires sénégalais. Tout comme l'intense activité commerciale qui se développement actuellement dans les souks et bazars de Médine baissera d'un cran, La Mecque prenant le relais avec la migration des pèlerins de tous origines.

En attendant, la vie reste trépidante à Médine, rythmée par le commerce et les prières. Le commerce qui est roi, ici et ailleurs en Arabie Saoudite, ne s'interrompt —et obligatoirement— que durant les minutes de prières. Hormis ces temps de suspension, on a l'impression que cette activité est permanente, surtout quand tout juste après la prière de l'aube, on aperçoit des femmes au comptoir des rutilantes joailleries, en train de marchander le gramme d'or. Et qu'on assiste au même spectacle, bien après minuit.

La tumulte à l'intérieur et à l'extérieur des "Taiba Residential Suites" ira s'apaisant au fur et à mesure que les Sénégalais les quitteront, à partir de cet après-midi. Déjà, les choses ont commencé à se décanter, quelque peu.

Un arrangement avait fini par être trouvé, le soir même, avec les responsables de la Compagnie hôtelière Al-Ansar pour loger les pèlerins des septième et huitième vols, dans un immeuble contiguë au site d'hébergement principal. Ensuite, El Hadji Rawane Mbaye et une équipe restreinte de missionnaires ont réussi à mettre un peu d'ordre dans l'utilisation des ascenseurs, en obligeant les usagers à faire la queue, suivant leur genre.

Mais, la formule ne résiste guère à l'indiscipline. Et les commerçantes sont toujours plus nombreuses à jouer aux amazones, et au chat et à la souris avec la police de la ville, élevant l'hôtel. Dans cet immeuble de 14 étages, il n'est pas rare de voir un monsieur ou une dame, plus ou moins âgé et d'origine rurale dans la plupart des cas, demander désespérément le chemin vers son palier ou sa chambre. Quant pour s'y retrouver, certaines personnes attachent un chiffon au loquet de leur porte, d'autres —des éleveurs de profession et de culture assurément— marquent leurs zones de passage par des signes sur les murs pareils à ceux qui servent à distinguer les troupeaux. Les Indonésiens qui les avaient devancés en ces lieux, ont aussi laissé, dans les cages d'escaliers et les halls du "Taiba" des marques analogues, mais en caractères latins.

La Compagnie hôtelière Al-Ansar renouvellera-t-elle, l'an prochain, le contrat de bail passé par la partie sénégalaise ? Sans doute oui. Ce ne sont pas quelques graffitis et entorses au bon usage des commodités de l'hôtel qui pourraient gâcher une affaire apparemment fort rentable. Quelques coups de peinture, un peu de récurage, et tout redeviendra comme avant.


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Les pèlerins indépendants satisfaits

Loin des tumultes des "Taiba Residential Suites", les pèlerins, qui ont opté pour l'encadrement des GIE et autres organismes privés, ne se considèrent pas comme mal lotis. Logés, à quelques exceptions près, dans de petits hôtels de la vieille ville, le seul problème qu'ils disent avoir, est par rapport à leur éloignement relatif du haram. Pour le reste, ils sont très contents d'être en petits groupes, entre gens qui se connaissent et qui fraternisent ; les chambres sont assez spacieuses et chacun a son lit. Ils disposent de l'eau courante. Et quand vous leur faites remarquer la vétusté des lieux, ils vous rétorquent que la plupart n'ont pas mieux chez eux !

La satisfaction dont font montre les pèlerins fait penser qu'il faut d'ores et déjà envisager sérieusement la privatisation de l'encadrement du pèlerinage à La Mecque. La mission, qui a rendu d'excellents et loyaux services, a pratiquement atteint les limites de sa capacité d'encadrement direct du pèlerinage, parce que tout simplement débordé par le nombre. Cent personnes, dont en réalité une quarantaine d'actifs, ne peuvent pas encadrer, canaliser et discipliner quelque 5.000 pèlerins aux origines et à la culture des plus hétéroclites.

L'expérience et les hautes compétences à l'actif du Commissariat au Pèlerinage, doivent lui permettre de se hisser à un niveau supérieur de supervision et de réglage, telle une Haute autorité. L'encadrement serait morcelé et concédé en totalité à des organismes de voyage et associations privés, comme il y en a déjà qui s'y engagent. Il s'agirait alors de veiller scrupuleusement à ce qu'ils respectent leurs cahiers de charges, envers l'Etat du Sénégal qui pourraient les subventionner au démarrage, les pèlerins eux-mêmes, et les autorités saoudiennes.

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Quelques troubles comportementaux

Le pèlerinage est une rude épreuve, et à très haut risque. Il est sans doute beaucoup moins éprouvant que par le passé, quand le voyage se faisait à pied, par des moyens de locomotion animale à travers le désert ; et que les conditions d'hébergement et de vie étaient des plus précaires en Arabie Saoudite. La modernité a amené beaucoup d'améliorations dans le pèlerinage à La Mecque, mais les risques encourus n'en demeurent pas moins réels et sérieux, au plan physique, psychique et sanitaire, ne serait qu'en raison de l'effet aggravant de l'immensité des foules de toutes origines qu'il déplace, dépayse et concentre. C'est en raison de ce qui précède que le volet Santé occupe une place centrale dans le dispositif d'encadrement des pèlerins sénégalais. Ils sont pris en change et suivi par la Mission médicale que supervise le Dr Cheikh Fall, à chaque étape du pèlerinage depuis leur débarquement à l'aéroport Fahd Ben Abdel Azir jusqu'au terme de leur séjour en Arabie Saoudite.

Ainsi, pour l'ensemble des vols en provenance du Sénégal, 43 personnes, présentant des problèmes de santé, dont une majorité de femmes, ont pu être traitées au niveau de  l'infirmerie de campagne qui avait été dressé à l'aérogare des pèlerins même. Le dispositif a été, par la suite, transféré à Médine, et éclaté en sept infirmeries au niveau de l'hôtel, à raison d'une tous les deux paliers avec à sa tête un médecin secondé par une équipe d'infirmiers. Leur travail à Médine est d'abord préventif. Ils font beaucoup d'éducation relative à l'hygiène et à la salubrité des locaux, en direction de personnes qui en sont, pour une bonne part, à leur premier contact avec les infrastructures modernes mises à leur disposition, dans l'hôtel. Il aurait été, sans doute, plus indiqué de faire ce travail préalable à Dakar et dans les régions…

En plus de la prévention, les équipes médicales font de la "médecine de relevage", en apportant des soins curatifs aux personnes visitées ou venues d'eux-mêmes en consultation pour des maux qui pourraient rendre impossible ou pénible l'accomplissement de leur pèlerinage.

A la date du jeudi 22 février, après cinq jours de présence à Médine, 502 pèlerins ont été consultés pour divers problèmes de santé. Pour l'essentiel, 32 % souffraient d'asthme et de céphalées, 18,14 % de douleurs articulaires, 13 % d'affections gastéro-intestinales et 9,6 % d'affections cardio-vasculaires (hypertension artérielle).

Cette année, plusieurs cas de dépression ont été notés. L'explication, qui ressort de la première analyse du phénomène, serait la perte de repères dont sont victimes bon nombre de pèlerins. Il s'agit, en particulier, des ruraux qui constituent, au bas mot, 35 % des 6.000 pèlerins recensés cette année. Le choc du premier voyage pas avion, ajouté à ceux de l'éblouissement des lumières de la ville, des conditions de vie à l'hôtel, de la frénésie des mouvements de foule, et de leur fébrilité religieuse, conduisent au développement chez certains, de sérieux troubles comportementaux. La plupart sont toutefois revenus à la raison, après une rapide prise en charge.

Le rythme des prières, mais aussi l'alimentation commencent à faire leur effet sur les pèlerins. C'est ce qui explique, selon le Dr Cheikh Fall, la forte augmentation des consultations dont le nombre a été de 248 pour la seule journée du jeudi, contre 53 pour le lundi d'avant.

Lors d'une réunion tenue avec les restauratrices, il leur a été demandé de veiller davantage à la salubrité de leurs préparations, en raison des nombreux cas de diarrhées qui ont été signalés.

A noter que le Commissaire général a institué un système de suivi médical pour toutes les femmes restauratrices, et qu'elles n'ont droit à ce statut que sur la base d'un dossier d'aptitude en bonne et due forme. Lequel est transmis aux autorités du Service d'hygiène saoudien.

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Le solde des affaires contentieuses

Les affaires contentieuses créées par les pertes et disparition de bagages se résorbent. Danga Loum, le responsable de la section des contentieux qui était ces jours derniers submergé de réclamations, est maintenant plus à l'aise pour en parler. 89 % des bagages, qui avaient été déclarés perdu ont finalement été retrouvés et remis à leurs propriétaires. Ce pourcentage devrait même pouvoir être dépassé au regard des valises et sacs qui jonchent encore le parquet du hall d'entrée. Le vrai problème, comme expliqué par Danga Loum, est que dans la frénésie des arrivées, nombre de pèlerins ne se sont guère occupés de leurs bagages, car se souciant beaucoup plus de savoir où ils allaient être logés.

Le hic est que dans la bousculade et l'émoi, certains ont perdu tout leur argent. Quatre cas de perte totale de pécule ont été signalés. La solution ? La commission sociale a été sollicitée pour l'attribution aux victimes de pertes d'argent des aides pour qu'elles n'aient pas de problème alimentaire durant le reste de leur séjour. Mais cela après enquête, pour déjouer les fausses manœuvres. Tous les pèlerins ne sont pas de saints.

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Ferveur tourbillonnante autour de  la Kaaba

LA MECQUE, JEUDI 1er MARS — Loin derrière, à 450 kms plus au Nord, les dernières vagues de pèlerins font leurs adieux à Médine. Il est deux heures du matin à La Mecque. La ville sainte est toujours éveillée, en permanence à l'accueil de ses hôtes qui, sitôt leurs bagages posés, font procession vers la Kaaba, comme si les fatigues du long périple qu'ils viennent d'accomplir n'habitaient plus leurs corps.

Au bas d'une longue ruelle commerçante en pente dont les échoppes, bondées de marchandises, sont encore ouvertes, la Sainte Mosquée se détache de la nuit, ruisselante de lumière, comme un joyau sur un écrin noir. A cette heure avancée de la nuit, la foule des pèlerins est clairsemée sur l'esplanade extérieure du cœur du haram mecquois, pareille à celle de Médine. Elle se densifie au fur et à mesure que l'on traverse l'intérieur de la sainte mosquée dont les voûtes sont soutenues, comme à Médine, par de nombreux et immenses piliers dont chacun renvoie symboliquement aux fondamentaux de la religion islamique.

Plus on avance, plus on se sent comme entraîné vers un tourbillon. C'est en apercevant la Kaaba trônant au centre du vaste patio de la sainte mosquée qui est une construction circulaire fermée vers l'intérieur, que l'on comprend que l'on est dans un mouvement naturel vers le Tawaf. Le Tawaf est une ronde processionnelle de sept tours de la Kaaba, dont les points de départ et terminal sont représentés par l'angle où est sertie la pierre noire. La nuit avance, et la foule, tout de blanc vêtue, qui gonfle de minute en minute, telles les structures soudées d'un même manège, tourne et tourne jusqu'à vous donner le tournis, autour de la Kaaba.

Sa tenture noire aux écritures saintes dorées est repliée vers le haut pour laisser apparaître une bonne partie de sa structure basse faite de pierres taillées. Quitte à bousculer tout sur leur passage, les pèlerins les plus exaltés s'agglutinent sur les parois de la Kaaba, qui pour embrasser la Pierre noire, qui pour embrasser le coin yémenite de l'édifice. Si le premier acte est une prescription surérogatoire de la Sunnah, le second ne l'est point. Dans la cohue, les plus sages se contentent de désigner de la main droite la Pierre noire, quand ils sont à sa hauteur, et de dire "Allahou Akbar". Et d'en faire de même, à proximité du coin yémenite ; par la formule : "Au nom d'Allah, Allah le plus grand". Les pèlerins tiennent à vivre dans une ferveur intense le Tawaf parce que sa signification renvoie à l'Unicité de Dieu et de l'Homme. Il perpétue, dans la même optique, toute l'importance que les Prophètes Abrahm, Ismaïl et Mohamet accordaient à la Kaaba, cette station ou où Abrahm offrait lui-même ses dévotions à Dieu.

Etape plus douce et sereine, la visite au puits de Zemzem. Le puits est plutôt symbolique. En lieu et place des bornes-fontaines font couler l'eau bénite, à flot. La source originelle est située au Sud de la Kaaba, dans l'enceinte de la mosquée sainte. Tout comme d'ailleurs les deux collines de Safa et Marwa dont les pèlerins parcourent sept fois la distance les séparant. C'est une des obligations majeures du pèlerinage.

Ce va-et-vient entre Safa et Marwa se fait en souvenir d'Agar, femme d'Abrahm et mère d'Ismail. L'histoire raconte qu'Abrahm, après avoir reçu l'ordre de Dieu, a abandonné en ces lieux son épouse et son enfant, avec pour toute provision, un peu d'eau et des dattes. Ces provisions épuisées, et n'ayant plus de lait pour allaiter son enfant, Agar courra d'une colline à l'autre, en pleurant et appelant à l'aide. C'est en revenant à sa septième course vers son nourrisson, que l'ange Gabriel fit jaillir une source aux pieds d'Ismail… Sur les traces d'Agar, les pèlerins refont ce parcours rituel, dans la fatigue et la sueur, mais convaincus que là également, les bienfaits du Seigneur, sur terre et au ciel, couronneront leurs dévotions.

La nuit commence à être fragile. Les pèlerins, qui étaient entre Safa et Marwa, descendent ves le patio de la Kaaba, après un second passage rafraîchissant à Zemzem, pour certains. Autour de la Kaaba, la procession se poursuit, mais à une cadence nettement moins soutenue. La fatigue a pris possession des corps ; mais l'immensité est toujours là, assoupie dans l'attente de la prière de l'aube. Les hommes et les femmes ont fait ensemble le Tawaf et le parcours de Safa et Marwa, ils sont restés l'ensemble pour la prière du matin, sans séparation particulière, autour de la sainte Kaaba. Parce que le cloisonnement des genres est un impossible, que l'humain transcende dans ce contexte les faiblesses de la chair, et que l'homme et la femme sont égaux dans la pratique religieuse. Ensemble, ils ont quitté les lieux pour leur moutawaf, tonifiés par ce bain de jouvence religieuse, le corps ragaillardi, l'esprit plus clair et le cœur limpide. Pour un sommeil bien mérité.

Les pèlerins ont encore deux jours à passer à La Mecque, avant de s'ébranler samedi à minuit pour Muna. Ils quitteront Muna le lendemain dimanche à six heures du matin, pour Arafat. A noter que la station d'Arafat est respectée la veille de la célébration de l'Aïd-el-Kébir dont la date retenue, pour l'Arabie Saoudite, est le lundi 5 mars 2001.

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Les tracas quotidiens du pèlerin

Les lieux d'hébergement des pèlerins sénégalais à La Mecque sont fort modestes, comparés aux luxueuses suites dans lesquelles ils étaient à Médine. Mais, ils semblent être beaucoup plus dans leur élément. L'encombrement n'est pas de mise dans les halls et ascenseurs de sept immeubles (4 pour les femmes, 3 pour les hommes) dans lesquels ils sont logés.

Mais, entre ces petits hôtels, pas loin les uns des autres, et la sainte mosquée, des pèlerins continuent de s'égarer à travers les rues et ruelles escarpées de la ville. Ce sont généralement des personnes très âgées. Ceux qui envoient des parents de plus de soixante-dix ans en pèlerinage font assurément une très bonne action. Mais elle serait encore plus louable s'ils les faisaient accompagner d'une tierce personne à même de s'occuper d'eux et de leur servir de guide dans leurs différents déplacements, comme le suggèrent bon nombre de missionnaires. Il n'est évidemment pas possible de mettre un encadreur au service de chacun des pèlerins d'un âge avancé, dont le nombre dépasse 500.

C'est dans cette catégorie que l'on déploie le plus de pertes d'argent. Mais aussi de vol. Mais, ils ne sont pas les seuls pèlerins à se laisser gruger par les commerçants véreux, locaux comme d'origine sénégalaise. La méconnaissance du change saoudien joue de graves tours à bon nombre de nos compatriotes, à Médine comme ici à La Mecque. Plus est, la plupart ont tant et acheté de choses et dépensé de l'argent qu'ils se retrouvent actuellement sans le sou, pour le restant de leur séjour en Arabie saoudite.

Certains commencent à vivoter, en sautant des repas, d'autres à demander de l'argent à leur coreligionnaires et compatriotes, pour le manger. Il n'est pas à exclure qu'il y en ait qui revendent une partie de leurs achats pour pouvoir survivre.

Il faut reconnaître que la somme ristournée cette année aux pèlerins sénégalais, sur leur pécule, est quelque peu modique. Quelque 500 rials, environ 100.000 francs CFA. Or, au prix d'un repas à au moins 10 rials, 500 rials, c'est trop juste pour un temps de présence d'un mois en Arabie saoudite. Comme d'aucuns le suggèrent, un hébergement de moindre standing à Médine aurait permis de faire des économies et de renforcer tant soit eu la somme d'argent ristournée aux pèlerins.

Les choses étant ce qu'elles sont, c'est sur l'entraide qu'il faudra le plus compter pour arranger la situation. La Commission sociale de la Mission d'encadrement est bien évidemment aux avants postes pour apporter des solutions aux cas de plus en plus nombreux qui lui sont soumis, à partir d'une dotation budgétaire dont on ignore le montant précis. Des sommes d'argent perdues, ramassées par d'honnêtes pèlerins qui les ont remises à des membres de l'encadrement, seront également utilisées à ces fins humanitaires, si leurs propriétaires légitimes ne se manifestent pas.



Article ajouté le 2007-03-07 , consulté 74 fois

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